Colloque 2021 : D'après Maquettes

Colloque 2021 : D’après Maquettes

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MAQUETTES D’EXPOSITIONS ET EXPOSITIONS DE MAQUETTES

Retour en image sur le Colloque organisé par le Pavillon Bosio
1er & 2 DÉCEMBRE 2021
Théâtre des Variétés à Monaco

D’après maquettes : c’est le temps de l’étude préparatoire, de la projection, mais aussi celui des devenirs instables et ambiguës de ces objets aux qualités parfois redécouvertes dans le temps de l’après, lorsque les années font ressurgir les premières intentions. Les maquettes ont des usages multiples et précieux pour construire l’exposition, elles sont des outils de conception, d’imagination et de vérification. Légères dans leur manipulation, elles mettent en jeu le regard, la main et l’ensemble du corps, en multipliant les points de vue. Lorsqu’elles sont conservées, elles deviennent des objets-mondes ouverts aux appropriations. La maquette est au coeur de certaines pratiques artistiques qui en reprennent les codes et en réinventent la fonction. Elle devient alors oeuvre, accessoire de mise en scène photographique ou performative, exposition, et s’autonomise de l’étape de l’échelle réelle. La maquette active une part mentale qui implique le spectateur dans l’élaboration de fictions. C’est aussi un espace de manipulation des regards à travers des effets d’illusion, de distorsion, de gros plans, mettant parfois à l’épreuve les formes de la perception. Le 14e colloque du Pavillon Bosio associe des conservateurs, des artistes, des architectes, des scénographes, des historiens et théoriciens qui viennent partager des pratiques, des intuitions et des recherches d’après maquettes.

Coordination scientifique
Mathilde Roman, professeur d’histoire de l’art au Pavillon Bosio
Thierry Leviez, directeur du Pavillon Bosio

Le décor du colloque a été réalisé lors d’un studio encadré par Frédéric
Pohl et Jean-Sylvain Marchessou, avec les étudiant.e.s Louise Chatelain,
Lola Gourlin-Branchu et Gabriel-Noé Rosticher

PROGRAMME

MERCREDI 1er DÉCEMBRE 2021

Accueil des participants et ouverture du colloque par Thierry Leviez

Préambule par Mathilde Roman

Célia Bernasconi – De l’atelier des décors à la salle d’exposition
Le NMNM conserve plus de quatre cents maquettes de décors provenant de l’Opéra de Monte Carlo, déposées par la Société des Bains de Mer depuis 2010. Au fil des ans, elles ont été inventoriées, restaurées et étudiées, mais aussi exposées avec la complicité de différents artistes. Yinka Shonibare, Mark Dion, Nick Mauss, Latifa Echakhch ou encore João Maria Gusmão ont ainsi sélectionné certaines maquettes pour les recontextualiser dans le cadre de l’exposition, les intégrant parfois à leurs propres installations, tout en renouvelant notre rapport à ces oeuvres foncièrement hybrides.

Jean-Baptiste Delorme – Préliminaires – Études et maquettes
Le Centre national des arts plastiques a constitué depuis 1983 un fonds d’esquisses, de maquettes et de travaux préparatoires (4 600 « objets ») liés aux commandes publiques d’oeuvres d’art, réalisés par des plasticiens, architectes, designers, graphistes, vidéastes ou photographes. Fonds unique en France, il témoigne de l’hétérogénéité des oeuvres commandées comme des modes de travail des artistes sollicités. Les études et travaux préparatoires se font l’écho de cette variété, et prennent des formes extrêmement diverses, qu’il s’agisse de dessins, de simulations 3D, de dossiers de recherches, de maquettes, de photographies, d’extraits de vidéos, de cartons de tapisseries, de baies d’essais de vitraux.

Thomas Demand – En conversation avec Mathilde Roman
Tout le travail photographique de Thomas Demand se rapporte à des architectures de maquettes, comme en témoigne les expositions récente : Camere che sognarono camere au Palais Da Mosto en Italie, House of Card au Musée Leuven en Belgique et Mirror Without Memory au Garage, musée d’art contemporain de Moscou en Russie. Son oeuvre met régulièrement en jeu la notion de scénographie avec des dispositifs spécifiques, parfois conçus en collaboration avec des architectes comme l’agence Caruso St John.

Didier Faustino
Didier Faustino joue fréquemment avec l’échelle et les codes de la maquette, qu’elle soit socle, oeuvre ou architecture, dans une approche radicale qui envisage aussi l’exposition comme format. Pour son intervention, Didier Faustino développera trois idées clés sur la maquette et sa valeur dans son travail : la maquette finale comme matérialisation posthume de projets non réalisés ; la maquette d’étude comme élément test à un instant T, sans valeur intrinsèque ; la scénographie comme maquette 1:1 à l’échelle du corps, en tant que modèle, espace simplifié n’ayant de valeur qu’en relation avec les oeuvres qu’elle accueille. Une sorte d’essai spatio-temporel provisoire.

JEUDI 2 DÉCEMBRE 2021

Esther Ferrer – En conversation avec Mathilde Roman
Spontanément associée à la performance, l’oeuvre d’Esther Ferrer se développe aussi sous forme de photographies et d’installations et s’appuie, bien que cet aspect de son travail soit moins connu, sur la fabrication régulière de maquette. « La maquette comme invention, la maquette comme point de départ, la maquette comme aide à la réflexion, la maquette comme aide-mémoire, la maquette comme liberté, la maquette comme oeuvre »

Yann Rocher - L’OEil en boîte ou l’art de faire du monde un peepshow
Sur les traces des anciennes boîtes d’optique, nombre d’artistes modernes et contemporains élaborent des dispositifs croisant machine à vue et théâtre miniature. Plusieurs enjeux propres à l’espace scénique s’y rejouent, dans la mesure où une interface convie l’oeil du spectateur. L’illusion repose sur une mise à distance, et la réduction de l’expérience visuelle et de la représentation est au service de divers effets d’augmentation. Bien entendu, les créateurs s’emparent de ces conditions mais ne manquent pas de les bouleverser.

Rozenn Canevet – La maquette : objet lieu, objet milieu, objet mille lieues
Rozenn Canevet s’intéresse à des pratiques artistiques contemporaines qui utilisent les maquettes tant pour leur potentiel discursif que pour leurs qualités matérielles. Explorant leur dimension narrative, fictionnelle et critique, c’est vers le Bureau d’Activités Implicites de Tatiana Trouvé, les Cérémonies sans titre de Béatrice Balcou, Educational Complex de Mike Kelley, Rehousing de Peter Friedl, les oeuvres oniriques d’Hans Op de Beeck ou encore les sculptures archéologisées d’Anne et Patrick Poirier – entre autres – que nous nous aventurerons. Les maquettes s’y déploient comme de véritables métaphores esthétiques et appareils conceptuels, au service d’oeuvres et de projets au long cours. En insistant sur les différentes modalités perceptives qu’ils génèrent, nous nous immergerons dans ces espaces-temps singuliers : ces autres mondes de notre monde.

Quentin Bajac – Dans les cartons
Aujourd’hui directeur du musée du Jeu de Paume à Paris, Quentin Bajac était precédement directeur de la photographie au MoMA à New York. Revenant sur l’expérience du réaccrochage des collections du MoMA lors de sa réouverture en 2019, Quentin Bajac explorera les rôles, fonctionnel et symbolique, joués par les maquettes utilisées pour l’occasion.

Intermèdes Diffusion de courts-métrages des étudiants de 1re
et 2e années, réalisés lors du studio Starting Staging encadré par
Frederic Pohl et Dominique Drillot, professeurs au Pavillon Bosio.

Colloque 2021 : D'après Maquettes
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