Manières noires

Manières noires

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Yannick Cosso, DNSEP 2014

EXPOSITION MPA – ALUMNI – 2016

L’exposition Manières noires a été réalisée grâce au support de The Monaco Project for the Arts, association créée pour le soutien de l’École Supérieure d’Arts Plastiques de la Ville de Monaco, et avec l’aimable concours de la Galerie 11 Columbia qui l’accueille dans son espace d’exposition.

Yannick Cosso est un artiste plasticien, diplômé de l’École Supérieure d’arts plastiques de la Ville de Monaco.

” Empruntant le terme de manière noire à la gravure, Yannick Cosso en propose une double lecture, celle formelle liée à la matière et au procédé, et celle plus métaphorique d’exposer un érotisme noir.
Cette exposition s’articule autour de plusieurs grands thèmes. Celui tout d’abord du corps masculin, du jeune adulte capturé entre adolescence et maturité physique, dans sa fragilité juvénile dont il tente de s’affranchir. Ce corps est utilisé, manipulé, et surtout dévoilé au regard du spectateur. Tantôt il peut apparaître comme soumis à l’artiste, dans la pénombre, muselé, dénudé et offert ; tantôt il devient une divinité païenne, armé de bois, aux yeux masqués, sans pour autant perdre sa faculté de capturer le spectateur dans la contemplation. Figures lascives et fières, exposant leur corps naturellement, ces dieux érotiques provoquent le contraste avec ces autres figures dociles.
L’érotisme lié à la matière constitue le deuxième thème de Manières Noires. Exclusivement au fusain, les dessins sont parfois figuratifs, mais également plus abstraits, sensitifs et performatifs, où le corps est utilisé non plus comme le sujet mais comme l’outil. Sur du papier recouvert de charbon, l’artiste invite le modèle à plonger, à s’étendre, et parfois à lutter dans la matière noire. Ainsi les traces, seules, expriment la sensualité corporelle. Le fusain resté sur la peau, révèle plus qu’il ne cache. L’artiste redessine et capture cette fine couche déposée à certains endroits du corps, pour en exalter son érotisme.
Enfin, moins visible, néanmoins omniprésente, la posture de l’artiste. Oscillant entre dominant et dominé, celui qui capture ces images se confronte à ses propres fantasmes, ses propres peurs, qu’il renvoie au spectateur, le questionnant à son tour sur sa condition de voyeur. Le spectateur, face aux œuvres, se positionne sans qu’il ne s’en aperçoive, à la place de l’artiste. En entrant par cette porte, dans cet univers noir mais tout aussi emprunt de sensualité et de mysticisme, on se confronte à nos propres démons. “

Jordan Pallagès

Manières noires
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